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Philosophie en Sciences de l’Education

 

Vous êtes sur le blog de Patrick G. Berthier

Maître de conférences à l’Université de Paris 8

 

Ce blog est principalement destiné aux étudiants qui suivent à Paris 8 mes cours de Licence et séminaires de Master 1 & 2. Ils y retrouveront l’essentiel de chaque séance en différé, avec la distorsion plus ou moins importante que ma retranscription imprimera à ce qui aura été dit en présentiel, et que l’ajout de notes non utilisées pourra éventuellement enrichir. Entre le cannevas discursif prévu et sa « performance » où l’improvisation joue souvent un rôle essentiel, largement guidé par les questions de l’assistance, se creuse un écart qu’il me paraît utile de maintenir et d’évaluer.

Le but est ici de fournir, en sus des notes prises, un texte susceptible de servir de base à une réflexion et une investigation sur le thème proposé. Ce sobre dispositif devrait permettre aux étudiants de dépasser la simple « participation » aux cours, pour entrer dans une véritable discussion au début du cours suivant, discussion préparée grâce au travail mené sur la mise en ligne de l’intervention, ou du moins de ses éléments.

 

L’utilité de ce blog sera testée durant ce second semestre 2006-2007 sur le séminaire de Master 1 consacré à la notion d’Expérience, essentiellement chez John Dewey.

Première séance : Mardi 27 Février 2007.

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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 13:13

M1 18 03 08

J’ai tenté de faire un sort, la fois dernière, à la notion importante et délicate  que l’on traduit généralement par « assertibilité garantie ». Vous avez pu alors légitimement vous demander en quoi la critique épistémologique concernait l’éducation. 

Et bien chaque fois que vous aurez le sentiment, plus ou moins taraudant, que je traite certain aspect de la philosophie de John Dewey apparemment éloigné du champ de l’éducation, souvenez-vous, si possible une bonne fois pour toutes, que notre auteur définit expressément la philosophie comme « la théorie de l’éducation ». Partant, pour lui, et donc pour nous ici, tout ce qui a trait à la philosophie concerne directement l’éducation. Je vous renvoie au chapitre XXIV de Democracy and Education, déjà commenté, où vous trouverez, entre autres, ces deux phrases explicites et décisive à l’appui de cette équivalence :

 “If we are willing to conceive education as the process of forming fundamental disposition, intellectual and emotional […] philosophy may be even define as the general theory of education” [la philosophie peut même être définie comme la théorie générale de l’éducation].

“The most penetrating definition of philosophy which can be given is, then, that it is the theory of education […]” [la définition la plus profonde qu’on peut donner de la philosophie, c’est qu’elle est la théorie de l’éducation].

(Democracy and Education (1916), pp. 153 & 154).

La citation de la page 153 nous indique que l’éducation doit s’entendre comme formation, et plus précisément comme formation de « dispositions ». On sait à quel point Dewey peut mettre l’accent sur le caractère pratique, utile, du savoir à dispenser. C’est assez dire que la reconstruction en philosophie  « va main dans la main » avec la reconstruction en éducation (DE p.155). Reconstruction radicale puisqu’il s’agit en fait d’en finir avec cette culture encyclopédique qui tient lieu de programme à l’enseignement traditionnel. Sans vouloir longuement épiloguer sur le mot encyclopédie dont les référents ne sont tout de même pas sans panache, rappelons seulement que l’étymologie renvoie à cet ensemble de connaissances qui, vingt siècles avant l’Encyclopédie de Diderot & D’Alambert, définit le bagage d’un Grec éduqué, l’έγκυκλιος παιδεία. N’en retenons que l’idée d’une culture générale composée des disciplines littéraires qui formeront au Moyen-âge le Trivium (rhétorique, dialectique et grammaire) et des sciences qui constitueront le Quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie et théorie de la musique). On le voit immédiatement, l’έγκυκλιος παιδεία, la pédagogie encyclopédique, n’enseigne que des disciplines abstraites, livresques, théoriques…On pourrait multiplier les adjectifs indiquant que ce savoir n’est pas appliqué, et qu’il n’a pas vocation à l’être dans la mesure où il dispense des connaissances propédeutiques, ce qu’il faut savoir pour accéder à des études supérieures qui elles, pourront bien avoir en vue une finalité concrète ou professionnalisante. C’est donc contre l’instruction encyclopédique que la reconstruction conjointe de la philosophie et de l’éducation, de la philosophie comme « théorie de l’éducation », va se déployer, contre un savoir purement logique et même logologique, contre un savoir qui perpétue le passé au lieu de vivre le présent problématique de l’expérience. C’est si vrai que, lorsque dans son école expérimentale de Chicago, Dewey voudra enseigner l’histoire des Etats Unis, il tentera de faire reconstituer par ses jeunes élèves l’habitat des premiers émigrants, afin qu’ils revivent leur expérience au lieu de la lire.

 

Après ce rappel, je voudrais aujourd’hui revenir et réfléchir sur la notion de « réalité » entrevue la dernière fois. Pour ce faire, je vous invite à considérer quelques extraits d’un article de 1908 indisponible en Français mais que vous trouverez sur le Web (www.brocku.ca/MeadProject/Dewey/Dewey_1908b.html ) :

Does Reality Possess Practical Character. "On the Variability of Individual Judgment.”[1]

(Je relègue les dits extraits en fin d’article et n’en conserve que les quelques phrases qui font ici l’objet d’un commentaire).

 

 « La réalité comporte-t-elle un caractère pratique ?» Dewey commence par donner à sa question la réponse de la philosophie en vigueur : « tout ce qui est de nature pratique est considéré comme « simplement » personnel ». C’est ce qui est ici méprisé que Dewey entend bien réhabiliter, le « practical and personal », fer de lance d’une renaissance de la philosophie.

La sphère du personnel-pratique, puisque ces deux aspects semblent indissociables, c’est ce qui est « authentiquement vital » dans les choses et qui, en tant que tel, intéresse au plus haut point la philosophie. Au moment où Dewey écrit, ce qui ressortit à l’expérience pratique personnelle est stigmatisé du mot de « phénoménalisme » qui réfère à une perception purement subjective. On remarquera que ce terme qui jette l’opprobre sur une appréhension toute sensorielle et émotionnelle de la réalité, et que Dewey présente donc comme péjoratif (disparaging), est parfaitement contemporain du développement de la phénoménologie européenne qui deviendra rapidement le courant le plus puissant de la philosophie de langue allemande puis française de la première moitié du XX° siècle, et même au-delà (dans le courant des années 1960, la phénoménologie de Sartre et de Merleau Ponty tient encore le haut du pavé et représente la cible privilégiée, la véritable tête de Turc des structuralistes et de ceux, qu’à tort ou à raison, le public cultivé enrôle sous cette bannière. Paul Ricœur, beaucoup plus tard encore, et très près de nous, puisqu’il vient de s’éteindre, demeure une référence phénoménologique de toute première importance). A l’évidence, la phénoménalité évoquait des représentations bien différentes de part et d’autres de l’Atlantique. Aux USA, le phénoménalisme désigne une sorte de psychologie sensualiste, empiriste et personnaliste éloignée de l’investigation scientifique alors qu’en Autriche, Husserl, logicien et mathématicien cherche à remonter la généalogie de la découverte scientifique jusqu’aux sources de l’intuition dans le « monde de la vie » (Lebenswelt).

The Century Dictionary de 1889 (et constamment réédité jusqu’en 1914, puis abrégé en 1927 en New Century Dictionary), dictionnaire encyclopédique de référence dont Dewey devait disposer donne pour phenomenalism :

The philosophical doctrine that the phenomenal and the real are identical - that the phenomena are the only realities. Also called externalism.

Et pour phenomenon:

            An appearance or immediate object of experience, as distinguished from a thing in         itself.

Et pour phenomenal :

            Pertaining to the occurrences or changing phases of matter and mind.

Pour le phénoménalisme, il n’y a donc pas d’arrière-monde, de chose en soi. La phénoménalité exprime la motilité et la plasticité de la matière et de l’esprit.

Il faut, dit carrément Dewey, que la philosophie ne se dérobe pas et « regarde la situation en face ». Situation de l’état de la science portée par l’idée d’évolution, et situation des forces sociales qui vont discréditant les dogmes et l’autorité. Double situation, scientifique et sociale, qui ne permet plus de s’en tenir à une version stable et systématisée de la réalité. Désormais, la réalité, c’est ce qui change, ce qui apparaît à chaque fois changeant dans le phénomène. Un phénomène qui ne s’appréhende plus comme illusion des sens abusés par le mirage de l’apparence, mais comme la seule réalité. Rien ne se cache derrière les phénomènes. La réalité se donne tout entière, sans reste, dans l’épiphanie du phénomène. Cette réalité comprend indistinctement l’objectivité des choses et la subjectivité des personnes puisque la réalité consiste justement dans l’appréhension des choses. La réalité c’est l’impossibilité pour le mode d’être du sujet d’échapper à sa nature pratique. Le personal est irréductiblement practical. Aussi Dewey donnera-t-il du courant qu’il revendique, le pragmatisme, cette définition à la fois personnelle et provisoire : c’est « la doctrine dans laquelle la réalité possède un caractère pratique ». Objectivité et subjectivité sont par là renvoyés dos à dos en raison de la nature pratique de la réalité, nature qui exprime l’indissociabilité du sujet et de l’objet.

« Toutes les existences sont en transition » écrit Dewey, et cette assertion implique que toute tentative de les connaître en les fixant, à la manière d’un cliché photographique, les pervertit :

« And if all existences are in transition, then the knowledge which treats them as if they were something of which knowledge is a kodak fixation is just the kind of knowledge which refracts and perverts them. » [Si toutes les existences sont transitoires, alors la connaissance qu’on en prend dans une appréhension qui les traite comme un cliché photographique, est justement le genre de connaissance qui en les réfractant les pervertit].

 L’image est intéressante car Eastman, le fondateur de la firme Kodak doit son succès à l’innovation qui remplace les vieilles plaques en verre par la pellicule en 1888. Vingt ans plus tard, au moment où Dewey écrit l’article, les appareils kodak vulgarisent la photographie et font de l’instantané la reproduction familière de la réalité. Contrairement au portrait, au tableau, qui nécessite la médiation de la subjectivité du peintre, la photographie enregistre, directement, ce qui fait face à l’objectif. Elle semble donc fournir la captation sans déformation du réel, sa prise directe. Or, ce saisissement du réel en exprime au contraire la perversion. En quoi le cliché photographique est-il pervers ? En ce qu’il suspend le mouvement, qu’il « fixe » une réalité dont la nature est de se mouvoir et de changer. Quatre ans seulement après l’invention de la pellicule, Léon Bouly, avant les frères Lumières, invente le cynématographe, instrument « réversible de photographie et d'optique pour l'analyse et la synthèse des mouvements ». Au tout début du XX° siècle, ces deux inventions récentes font l’objet d’une industrialisation rapide, et l’on peut se prendre à rêver d’un philosophe méditant sur les rapports de l’une à l’autre. Le saisissement, la pétrification définitive d’un instant (à l’époque où la photographie imite la peinture : on prend la « pose » chez le photographe comme le modèle devant l’artiste), contre l’enregistrement du mouvement. Le cliché n’est plus que le découpage, le prélèvement d’une image dans la continuité de la bobine, un extrait, un arrêt sur image. Un arrêt, justement, et c’est ce qui le disqualifie. Le transit de l’existence est fixé, à la manière des collectionneurs de papillons qui les épinglaient sur des bouchons de liège pour les exposer dans leurs vitrines d’où l’essentiel disparaît aussitôt puisque l’essence du lépidoptère, c’est de voler. La photographie témoigne du meurtre du mouvement. Elle abat la vie en plein vol, cadavérise le geste. La connaissance photographique est le sarcophage de la réalité. Le cliché est donc plus qu’une métaphore opportune de la connaissance objective, il en révèle le caractère profondément inadéquat puisque se trouve par lui fixé ce qui est fluide, pétrifié ce qui est par nature changeant, bref, un procédé anatomique, au sens étymologique de « coupure » (le τομή de l’ανατομή qui donnera anatomia (dissection) signifie d’abord coupure, incision puis, ablation, mutilation, castration).

 

Extraits de : Does Reality Possess Practical Character. "On the Variability of Individual Judgment.”

In current philosophy, everything of a practical nature is regarded as "merely" personal, and the "merely" has the force of denying legitimate standing […]

[…] it is sheer prejudice, a culture-survival. If we suppose the traditions of philosophic discussion wiped out and philosophy starting afresh from the most active tendencies of to-day, — those striving in social life, in science, in literature, and art, — one can hardly imagine any philosophic view springing up and gaining credence, which did not give large place, in its scheme of things, to the practical and personal […]

Why, putting it mildly, should what gives tragedy, comedy, and poignancy to life, be excluded from things ? Doubtless, what we call life, what we take to be genuinely vital, is not all of things, but it is a part of things ; and is that part which counts most with the philosopher — unless he has quite parted with his ancient dignity of lover of wisdom. What becomes of philosophy so far as humane and liberal interests are concerned, if, in an age when the person and the personal loom large in politics, industry, religion, art, and science, it contents itself with this parrot cry of phenomenalism, whenever the personal comes into view? [disparaging terms, such as phenomenal, merely subjective, and so on.]

When science is carried by the idea of evolution into introducing into the world the principles of initiative, variation, struggle, and selection ; and. when social forces have driven into bankruptcy absolutistic and static dogmas as authorities for the conduct of life, it is trifling[2] for philosophy to decline to look the situation in the face. The relegation, as matter of course, of need, of stress and strain[3], strife[4] and satisfaction, to the merely personal and the merely personal to the limbo of something which is neither flesh, fowl[5], nor good red herring[6], seems the thoughtless rehearsal of ancestral prejudice.

[…] pragmatism — by which I mean the doctrine that reality possesses practical character and that this character is most efficaciously expressed in the function of intelligence [1]

Note [1] : This definition, in the present state of discussion, is an arbitrary or personal one. The text does not mean that "pragmatism" is currently used exclusively in this sense; obviously there are other senses. It does not mean it is the sense in which it ought to be used. I have no wish to legislate either for language or for philosophy. But it marks the sense in which it is used in this paper; and the pragmatic movement is still so loose and variable that I judge one has a right to fix his own meaning, provided he serves notice and adheres to it.

If things undergo change without thereby ceasing to be real, there can be no formal bar to knowing being one specific kind of change in things, nor to its test being found in the successful carrying into effect of the kind of change intended. If knowing be a change in a reality, then the more knowing reveals this change, the more transparent, the more adequate, it is. And if all existences are in transition, then the knowledge which treats them as if they were something of which knowledge is a kodak fixation is just the kind of knowledge which refracts and perverts them. And by the same token a knowing which actively participates in a change in the way to effect it in the needed fashion would be the type of knowing which is valid. If reality be itself in transition — and this doctrine originated not with the objectionable pragmatist but with the physicist and naturalist and moral historian — then the doctrine that knowledge is reality making a particular and specified sort of change in itself seems to have the best chance at maintaining a theory of knowing which itself is in wholesome touch with the genuine and valid.

Common sense regards intelligence as having a purpose and knowledge as amounting to something. I once heard a physicist, quite innocent of the pragmatic controversy, remark that the knowledge of a mechanic or farmer was what the Yankee calls gumption — acknowledgment of things in their belongings and rises, and that to his mind natural science was only gumption on a larger scale: the convenient cataloguing and arranging of a whole lot of things with reference to their most efficacious services. Popularly, good judgment is judgment as to the relative values of things : good sense is horse sense, ability to take hold of things right end up, to fit an instrument to an obstacle, to select resources apt for a task. To be reasonable is to recognize things in their offices as obstacles and as resources. Intelligence, in its ordinary use, is a practical term ; ability to size up matters with respect to the needs and possibilities of the various situations in which one is called to do something; capacity to en-visage things in terms of the adjustments adaptations they make possible or hinder. Our objective test of the presence or absence of intelligence is influence upon behavior. No capacity to make adjustments means no intelligence ; conduct evincing management of complex and novel conditions means a high degree of reason. Such conditions at least suggest that a reality-to-be-known, a reality which is the appropriate subject-matter of knowledge is reality-of-use-and-in-use, direct or indirect, and that a reality which is not in any sort of use, or bearing upon use, may go hang, so far as knowledge is concerned.

 

Certainly one of the most genuine problems of modern life is the reconciliation of the scientific view of the universe with the claims of the moral life.

occasion for asking how moral judgments — judgments of the would and should —relate themselves to the world of scientific knowledge.

The pragmatist has at least tried to face, and not to dodge, the question of how it is that moral and scientific "knowledge" can both hold of one and the same world.

The brain, the last physical organ of thought, is a part of the same practical machinery for bringing about adaptation of the environment to the life requirements of the organism, to which belong legs and hand and eye. That the brain frees organic behavior from complete servitude to immediate physical conditions, that it makes possible the liberation of energy for remote and ever expanding ends is, indeed, a precious fact, but not one which removes the brain from the category of organic devices of behavior.[2] That the organ of thinking, of knowledge, was at least originally an organ of conduct, few, I imagine, will deny.

Note [2] : It is interesting to note how the metaphysical puzzle regarding the relation of "consciousness” to "body," evaporate when one ceases isolating the brain into a peculiar physical substrate of mind at large, and treats it simply as one portion of the body as the instrumentality of adaptive behavior.

But if the aim of knowing be precisely to make certain differences in an environment, to carry on to favorable issue, by the readjustment of the organism, certain changes going on indifferently in the environment, then the fact that the changes of the organism enter pervasively into the subject-matter of awareness is no restriction or perversion of knowledge, but part of the fulfilment of its end.

{Dewey identifie ici knowledge  et awareness, savoir et conscience, ce qui ne va pas de soi. Conscience de soi (self-awareness) et connaissance de soi, ce n’est pas la même chose, et toute la psychanalyse repose justement sur cette distinction}

 

It is the business of that organic adaptation involved in all knowing to make a certain difference in reality, but not to make any old difference, any casual difference. The right, the true and good, difference is that which carries out satisfactorily the specific purpose for the sake of which knowing occurs. All manufactures are the product of an activity, but it does not follow that all manufactures are equally good. And so all "knowledges" are differences made in things by knowing, but some differences are not calculated or wanted in the knowing, and hence are disturbers and interlopers when they come — while others fulfil the intent of the knowing, being in such harmony with the consistent behavior of the organism as to reinforce and enlarge its functioning. A mistake is literally a mishandling ; a doubt is a temporary suspense and vacillation of reactions ; an ambiguity is the tension of alternative but incompatible mode of responsive treatment; an inquiry is a tentative and retrievable (because intra-organic) mode of activity entered upon prior to launching upon a knowledge which is public, ineluctable -- without anchors to windward — because it has taken physical effect through overt action.

{Une erreur, un doute, une ambiguïté, ne sont pas des atermoiements, des ratés, des difficultés de la vie mentale, mais des « maladresses » de la vie pratique. Je ne sais plus quel critique s’étonnait naguère du fait que dans les FNAC et autres librairies des  grands centres commerciaux multimedias, la fonte des rayons philosophies et sciences humaines semblait proportionnelle aux excroissances des rayons « vie pratiques ». On en a là l’explication : la philosophie devenant la théorie du bricolage, elle s’entend désormais comme philosophie pratique, au sens le plus courant du terme, et non plus dans l’acception que Kant avait conféré à l’adjectif. }

For ordinary purposes, that is for practical purposes, the truth and the realness of things are synonymous.

{L’assimilation du pratique à l’ordinaire suit la promotion de l’ordinaire par Emerson et anticipe sur son apologie par Cavell}

Awareness means attention, and attention means a crisis of some sort in an existent situation ; a forking of the roads of some material, a tendency to go this way and that. It represents something the matter, something out of gear[7], or in some way menaced, insecure, problematical. and strained. This state of tension, of ambiguous indications, projects and tendencies, is not merely in the "mind," it is nothing merely emotional. It is in the facts of the situation as transitive facts ; the emotional or "subjective" disturbance is just a part of the larger disturbance. And if, employing the language of psychology, we say that attention is a phenomenon of conflicting habits, being the process of resolving this conflict by finding an act which functions all the factors concerned, this language does not make the facts "merely psychological"— whatever that means.

If this be true, then awareness, even in its most perplexed and confused state, a state of maximum doubt and precariousness of subject-matter, means things entering, via the particular thing known as organism, into a peculiar condition of differential — or additive — change.

 

Sub specie aeternitatis ? or sub speciegenerationis ?

[…]there is danger that the philosophy which tries to escape the form of generation by taking refuge under the form of eternity will only come under the form of a by -gone generation. To try to escape from the snares and pitfalls of time by recourse to traditional problems and interests — rather than that let the dead bury their own dead. Better it is for philosophy to err in active participation in the living struggles and issues of its own age and times than to maintain an immune monastic impeccability, without relevancy and bearing in the generating ideas of its contemporary present.

 

 

 



[2] Dérisoire (trifle=bagatelle, broutille) à ne pas confondre avec strife=querelle, discorde.

[3] Pression, effort

[4]  querelle, discorde, dissension

[5] neither flesh nor fowl=ni chair ni poisson (fowl=volaille)

[6] hareng saur (mais aussi=diversion).

[7] détraqué

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Published by Patrick G. Berthier - dans Séminaires Master 1
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